Un peu de racontaille

Bonjour et bienvenue je m’appelle Angelo Bote.
Cette page se construit chronologiquement. Les nouvelles fraîches sont en bas de page …

RALENTIR

 

Le constat est fait. Nous vivons une crise des sens.

C’est peut-être un moment idéal pour repenser ce que je fais dans cette société …
Artiste. Je suis pris dans une cogitation sur le pourquoi, le pour qui et la finalité de mes « actes créatifs ». Si je conteste ce système capitaliste, égoïste et effroyablement gaspilleur … Comment puis-je donner un sens plus solidaire et fraternel à mon « ouvrage artistique » ?
Je sens profondément qu’il faut remettre à plat l’orientation de mon travail.
En refusant les structures pyramidales qui se nourrissent de cynisme, de chacun pour soi et de concurrence sauvage, comment pourrais-je vivre de « mon art » tout en sachant que les règles qui dominent en ce domaine comme en d’autres me poussent à contre coeur à tolérer, à maintenir et à justifier cet état des choses ?
« Créateur » je me sens chercheur. Et parfois je découvre de nouveaux espaces. Ces trésors à qui doivent-ils profiter … à moi, a mon renom sécurisé et mercantile, à cette société mensongère que je n’ai plus envie d’écouter ?
Dans cette période frénétique, agitée vers le plus pressé, ce temps de la vitesse rentable, de la déshumanisation générale, je sens qu’il me faut prendre le contre pied. Qu’il me faut ralentir … arrêter de faire pour faire, de produire pour ajouter.
Ce travail singulier qu’est la création artistique devrait aussi servir à vivifier les relations « écosociales »… Ces espaces, ces trésors pourraient enfin devenir un bien commun à partager en dehors des lois du profit et de l’avidité.
C’est un boulot énorme pour moi que de sortir de toutes ces vielles lunes pour laisser la place à d’autres champs d’exploration. Plus énorme encore est la mise à mort de ces illusions qui m’ont conduit dans cette heureuse impasse existentielle …
Dans ce lieu vide, je me réjouis de ce nouveau chantier.

A

land art végétal

– Pour connaître le titre de l’image, garder le curseur sur l’image –

 

 

 

Chantiers

 

 

Donc à propos de chantiers,

du 17 au 20 mai 2012, dans le cadre de l’événement culturel et annuel « Artistes à suivre » j’ai présenté une exposition de photographies prises par Simone Hick de quelques-unes de mes … méditations actives. Les organisateurs ont souhaité que je réalise une œuvre in situ de land art. Tout cela s’est bien agencé car j’exposais chez Marco à Serres près, tout près de la rivière et à deux kilomètres de mon village. Des conditions idéales.
J’ai dédié cette exposition à la mémoire de ma sœur Isabelle.

« La vie et la mort se fondent ensemble et il n’y a pas d’évolution ni de destination, il n’y a que ÊTRE. » Albert Einsten

Une première image pour voir …

 

cep

Là c’est le travail invisible. Celui des neurones. Avec Simone ont a teinté à la bouillie bordelaise une cinquantaine de ceps de vigne (en utilisant un vieux reste oublié chez un viticulteur  et qui se fanait, bien bleu comme on en trouve plus). Puis une grosse cueillette de pétales de coquelicot bien rouges et sous une des deux arches du pont, celle où il n’y a pas d’eau, on a réalisé une rivière. Bon ce n’est pas vraiment du land art, mariveris c’était quand même une belle installation, très vite devenue un dragon pour les enfants. Le premier jour il a fait beau et les pétales ont très vite perdu leur couleur tout en se ratatinant sous l’effet du soleil. Le premier soir c’était moche, et je me voyais déjà passer les quatre jours d’expo à cueillir des fleurs fraîches pour raviver tout ça. Grosse corvée parce qu’il en faut des quantités astronomiques. Mais chance il a plu les trois jours suivants, il a même grêlé une fois. Bref cela a contribué à plaquer au sol tout ce petit monde sans qu’il perde ses couleurs.

 

 

rivdag

 

Enfin ça a été quatre journées de belles récoltes.

Du 23 juillet au 19 août 2012. Exposition à la Communauté de Communes du Pays de Sault

affiche gus

Du 23 juillet au 19 août 2012, à sa demande j’expose à l’office du tourisme de Couiza. Je reprends en plus modeste (faute de place) ce qui a été montré lors du chemin des artistes.

 

Chaques oeuvres est accompagnée d’un petit panneaux d’une photo – moi en plein travail ! – et d’une citation …

 

frio

« les choses gratuites sont celles qui coûtent le plus. Comment cela ? Elles coûtent l’effort de comprendre qu’elles sont gratuites. »

Cesare PAVESE

céps

« C’est pas que je reste longtemps au lit, c’est que je dors lentement. »

Dizzy GILLESPIE

orbit

« Richesse et vitesse, voilà ce que le monde admire et ce vers quoi chacun tend. Chemins de fer, postes rapides, bateaux à vapeur et toutes les facilités de la communication, voilà où s’en va le monde de la culture pour se surpasser, se sur-cultiver et par là, persévérer dans la médiocrité. »

GOETHE

feuille

« Un homme qui n’a pas de montre à 50 ans, a peut-être bien réussi sa vie »

Angelo BOTE

dragon

« – Qu’as-tu fait aujourd’hui ? – Rien. – Mais tu n’avais déjà rien fait hier. – Oui mais je n’avais pas fini. »

Gustave PARKING

astro

« Puisque le vice du travail est diaboliquement chevillé dans le cœur des ouvriers ; puisque ses exigences étouffent tous les autres instincts de la nature ; puisque la quantité de travail est forcément limitée par l’abondance de matière première, pourquoi dévorer en six mois le travail de toute l’année … »

Paul LAFARGUE

guada

« Le travail est l’opium du peuple et je ne veux pas mourir drogué. »

Boris Vian

rivière

… etc … etc …  y était affiché un très beau texte de Fred Vargas, archéologue et écrivaine.

 

Une méditation poétique

 

« NOUS Y SOMMES »

Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine.

Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout du monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, crée des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerais bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes. Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne la pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissé jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié. Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi ou crevez avec moi. Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est, récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que nous contenions le retour de la barbarie une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième Révolution. A ce prix, nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.
F. Vargas

aaaaa

Chantiers

(souvenirs de …) suite

 

Ce texte me remet en mémoire une belle aventure que j’ai vécue avec des amis il y a quelques années. Nous avons participé à un concours national de sculptures sur neige à Valloire. Nous avions une semaine pour réaliser une sculpture dans un cube de neige de quatre mètres de coté. Donc je me suis mis au boulot et j’ai pondu ça. L’idée a été acceptée par mes coéquipiers. Elle était simple. Deux personnages en vis à vis réfléchissent ensemble. Leur tête unique symbolise la terre. C’est leur bien commun et ils savent qu’elle est sérieusement maltraitée. Trouveront-ils des solutions avant d’avoir fondu comme neige au soleil ? …

 

tête

        maq             stéréo            

D’abord le dessin, puis vient la maquette et Philippe s’occupe de la stéréotomie. A droite l’équipe (Ghislain, Philippe, Marieke, Angelo).

 

 … Nous l’appelons « Tête à Tête ».

travox

filou

Pour pouvoir finir à temps, comme beaucoup d’autres sculpteurs nous avons bossé la nuit. On en a bu du vin chaud. Et on a pas eu froid vu le travail physique. 64 mètres cubes c’est une sacrée masse. Cela se passait dans une rue commerçante et on avait parfois l’impression d’être de gentils animateurs qui amusent la galerie. Le premier jour découvrir la trentaine de blocs de neige alignés en file indienne, encore intacts c’était impressionnant. Mais plus impressionnant encore fut le dernier jour  quand (presque) tous les blocs étaient sculptés. Le vendredi après-midi le jury passe et le soir remise des prix, grosse bouffe et feux d’artifice. J’étais bien content qu’on ait pu mener l’aventure jusqu’au bout même si la qualité de la neige ne permettait pas une grande finesse de détails son « message » était clair. Notre sculpture intriguait et par son thème favorisait de nombreux échanges avec les visiteurs.

Elle était accompagnée d’un court texte de présentation.

A

A

tetatet

poesie

Le samedi, on est rentré tranquillement avec une gueule de bois et le troisième prix national. Heureux et épuisés.

Le lundi, c’était prévu pour des raisons de sécurité, les bulls ont tout rasé.

A suivre ….

A

Mobile ordure

Je suis toujours désolé quand
je tombe sur ce genre de comportement irrespectueux.
Ce n’est pas compliqué de repartir avec ses déchets.
La terre est notre maison.
On devrait apprendre dès l’école ce genre d’évidence.

On abandonne aussi en pleine nature les petits chats.

Je vous présente TITI. Un soir il s’est jeté sur notre campo affamé et tout maigre.
C’était son jour de chance, depuis il vit avec moi et j’adore ses yeux vairons.

titi

A
A

« Nous ne proposerons pas d’avantage le « musée imaginaire » du caillou,
classé, étiqueté, stérilisé, enfermé à double tour dans des pages d’album comme dans de froides vitrines ;
c’est le caillou en liberté qui nous intéresse, le caillou qui vit au grand air. »

Extrait d’un petit bouquin sur lequel je suis tomber par hasard  qui m’a enchanté par sa poésie de l’inutile et du plaisir à vivre sans se presser, qui s’en dégagent. Il s’agit de « Célébration des cailloux » de Robert Olivaux chez R. Morel éditeur (date de parution 1967, je pense qu’il est introuvable aujourd’hui).

2013

Rien, je me remets lentement à la peinture et je continue à animer mes différents ateliers.

2014
Mai

Quatre jours de promenade sur le chemin des artistes (artistes à suivre dans l’Aude) où je suis tomber sur quelques merveilles. Quel plaisir d’être touché par tous ces fabricateurs de beauté et de pouvoir évoquer avec eux autre chose que le (mauvais) temps imposé par cette société du profit. Donc merci à Manon Dubecq, Nelly Bonnefis, Fanta Diallo, El, Marie Thorndalh, Els Knockaert, Camille Pomme … tiens ? que des femmes ! Enfin, pour la parité je rajoute Felix Vadelièvre.
On trouve leurs contacts en tapant « artistes à suivre ». Allez-y mais comme pour le land art, les photos ne remplaceront jamais la présence directe et vibratoire de l’oeuvre, donc si elles exposent dans votre coin n’hésitez pas.

Automne :
J’expose mes travaux en peinture-dessin à la galerie Soc-art. Les retours sont dans l’ensemble bons malgré que mon travail soit jugé comme « pessimiste ». L’art n’est ni pessimiste ni le contraire, il est !

aaaaaa

Affiche socart copie

Affiche de l’expo représentant Onan

2015

L’année commencent tristement avec la mort de nos amis. Du coup je reviens à mes activités de dessin de presse que j’avais abandonné depuis plus de 20 ans.

matrice2

Les commentaires sont fermés.

Recent Posts

Flickr Stream